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| Dernières MAJ : le 5 juin 2012 | V3.20 - 2007/2012 | |
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Il
fallut plusieurs migrations de peuples, plusieurs couches de races pour
constituer la population de la Normandie. La grande émigration
normande se fit sous forme d’invasions violentes, comme celle
des hordes germaniques qui pourtant, n’avait pas tardé
à constituer la très noble nation des Francs. |
La
venue des Normands apparut aux paisibles occupants de cette époque
comme un ouragan de violence qui allait tout dévaster. Par la
nécessité de la lutte pour la vie, les Vikings venus de
leurs falaises lointaines de Scandinavie, s’abattirent sur nos
côtes. Ils brûlaient, tuaient, pillaient et rembarquaient
avec leur butin sur leurs drakkars aux proues fantastiques. Des populations
terrorisées, des églises ruinées où gisaient
les cadavres des prêtes, s’élevait la plainte des
survivants qui suppliaient le seigneur de les délivrer de ce
fléau. |
Et
pourtant, ce ne fut point la fin du monde comme le pensèrent
les chroniqueurs de l’époque, qu’apportèrent
dans leur choc brutal ces pirates du nord. Ce fut au contraire, lorsque
la période de chaos fut passée, les germes d’un
monde nouveau.
La presqu’île du Cotentin fut une des plus éprouvée.
Il semble que les deux points principaux de débarquement des
Normands dans le Cotentin furent l’Anse Saint-Martin dans la Hague
et l’anse des Veys au confluent de la Vire et de la Taute près
de Carentan. C’est probablement là que débarqua
Raul, jarl danois originaire des fjords lointains
qui vint s’installer sur « [...] la terre de
Meri » près de l’actuel village de
Saint-Côme-du-Mont. |
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Le
nom « Meri » ou « Merri
» vient du terme latin médiéval « Mareium
» (Meriacum) qui désignait un territoire de marais situé
entre Saint-Côme-du-Mont et un endroit appelé « Le
Homme », une presqu’île formée
par le confluent de l’Ouve et du Merderet. D’un point de
vue purement étymologique, le nom « de Mary
» dérive donc « du marais
». |
On
notera des variantes dans le prénom. Il fut principalement nommé
« Raul » ou « Ralph
» mais également sous la forme latinisée «
Radulfus » pour « Radulf
». Il fut également par conséquent nommé
« Raoul le Danois ». |
On
notera également que suivant les sources étudiées,
on trouve le nom écrit de différentes manières.
Du XIème siècle à la fin du XIVème siècle,
il est principalement orthographié « Meri,
Méri, Mery,
Méry, Maeri,
Mari, Mairi, Mairé,
Maierei, Marie,
Mairie, Mariet,
Marieu ». Celui-ci se régularise
ensuite à partir du XVème siècle en « Mari
» ou « Mary ». |
Raoul
I de Mary naquit vraisemblablement à la fin du
IXème siècle et se fixa sur nos terres probablement à
l’époque où Charles le Simple cédait la Normandie
aux envahisseurs scandinaves. D’après certaines informations,
il semblerait que Raoul I de Mary ait pu être un compagnon de
Rollon le marcheur. Raoul I de Mary fut-il
un des jarls qui se firent baptiser à Rouen avec Rollon ? Peut-être
! |
«
[...] Raul, le premier Sire de Mari, compaignon, avec le
Sire de Sainte-Marie-du-Mont, des ducs venus de Danemarc en nostre païs
». |
D’après
la légende, Raoul I de Mary aurait secrètement épousé
la fille d’un seigneur de la Hague avec qui il aurait eut son
unique fils connu, Richard I de Mary le Vieul,
seigneur de Mary, de Saint-Cosme, de Liesville, de Méautis, de
Bohon & autres lieux. |
Parmi
les châteaux incendiés par le chef viking Hastings,
le célèbre chroniqueur Robert Wace
dans le « Roman de Rou », cite
celui du Mont-Haguez. |
«
[...] Abillant siet sus Saireport,
Dreit trait fu li chastel fort,
E la cuntrée mult planière
De bel bois, de bele riviere.
Cil ki primes l'adéfia,
E ki li chastel compassa,
Mult fu è sages è corteiz;
Or l'apele l'um Munt Hagueis.
Hastainz i vint, cil deserta,
En feu, en flambe l'aluma ». |
A
ce château de Mont-Haguez, forteresse présumée de
la Hague qui était située sur l’actuelle commune
de Saint-Germain-des-Vaux près du hameau de Danneville
(le domaine des Danois), se rattache une vieille légende. |
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L'Anse
Saint-Martin à Saint-Germain-des-Vaux vers 1900 |
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Durant
une période pacifique de présence des Scandinaves dans
la Hague, un jeune jarl danois aurait épousé à
l’insu de tous, mais avec la bénédiction de l’ermite
Saint-Clair, la fille du seigneur de Mont-Haguez.
Les hostilités ayant repris et forcé de rembarquer précipitamment
sur son drakkar, le jeune jarl aurait laissé sa femme et son
jeune fils à la garde de son beau-père, n’ayant
d’autre choix que de suivre ses compagnons. L’enfant aurait
été élevé au château, par son grand-père,
inconscient de ses origines. Plus tard, le château fut incendié
par les pirates, mais au traité de Saint-Clair-sur-Epte, le jarl
aurait réclamé à son seigneur Rollon, le territoire
du Mont-Haguez. Il aurait reconnu son enfant et consolé la vieillesse
désolée de son beau-père. Or, ce jarl s’appelait
« Mœren ». Faut-il voir dans
ce prénom un lien avec le nom « Mary
» ? Depuis la nuit des temps, histoire et légendes s’entremêlent
étroitement et s’installant peu à peu, le calme
de la nuit vous invite au rêve. |
C’est
sur l’actuel village de Saint-Côme-du-Mont en remontant
la rivière, le long des marais et au delà des ponts d’Ouve
que l’on trouve le berceau de la famille de Mary. On notera que
depuis le début du Xème jusqu’au milieu du XIème
siècle, la terre de Mary fut possédée dans sa totalité
par la famille de Mary. |
C’est
au milieu du XIème siècle et suite à la bataille
du Val-ès-Dunes en 1047 que le duc Guillaume
confisqua la plus grande partie des terres de Raoul II de
Mary, arrière petit fils de Raoul I de Mary. Etant
le vassal de Néel II de Saint-Sauveur
et tenu par les devoirs de la hiérarchie féodale, Raoul
II de Mary n’eut d’autre choix que de marcher sous la bannière
de son seigneur et partagea sa disgrâce. Cela eut pour conséquence
la confiscation de la plus grande partie de ses biens. |
Cependant,
le duc Guillaume était un homme trop avisé pour s’aliéner
à jamais des valeurs nécessaires au triomphe de ses entreprises,
à cause d’un sursaut d’indépendance qu’il
ne pouvait manquer d’envisager comme un indice de vigueur. Aussi
ne tarda t-il pas à se réconcilier avec ses barons et
l’on vit quelques années après la bataille, une
partie des révoltés d’hier chevauchant à
la conquête de l’Angleterre. Raoul II de Mary conserva une
modeste partie de ses terres « Le fief du petit Mary
». |
L’existence
de deux fiefs de Mary à Saint-Côme-du-Mont est prouvée
par un grand nombre de titres et de documents. Un état des fiefs
et biens nobles du bureau de Carentan dressé en 1769, confirmait
la tradition conservée par les habitants de Mary « [...]
il y a en Saint-Cosme deux fiefs de Mary, le grand Mary en la partie
de La Haye-du-Puits et le petit Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte
». |
Un
mémoire manuscrit du milieu du XVIIème siècle donnait
des détails intéressants. « [...] Il
y a dans cette paroisse le fief de Saint-Cosme plain fief de haubert,
relevant du marquisat de La Haye-du-Puits, il n’y a point de terre
qui ait tant de fois changé de main. Ces changements de maîtres
lui ont donné les noms différents suivant l’usage
qu’on avait autrefois d’imposer son nom à la terre
ou de prendre celui de son fief, de sorte qu’en premier lieu ce
fief s’appelait Saint-Cosme comme il s’appelle encore présentement.
Un peu après il vint à s’appeler Mari, du nom des
Seigneurs qui le possédoient vers l’onzième siècle,
ce qui a fait que bien souvent il est parlé de ce fief sous le
nom de Mari en la partie de La Haye-du-Puits ». « [...]
pour ce qui est du fief de Mari, appartenant au sieur de Gié,
il n’a jamais porté d’autre nom que celui de Mari,
il relève par un quart de fief de la baronnie de Saint-Sauveur,
il estoit anciennement possédé par les surnommés
de Mari qui possédoient aussi le fief de Saint-Cosme
». |
Une
note jointe à des pièces d’une procédure
relative aux droits de juridiction et de coutume à exercer par
le propriétaire du fief de Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte
était ainsi rédigée « [...] il
y a deux fiefs de Mary en la paroisse de Saint-Cosme, le grand et le
petit Mary, le premier relève de La Haye-du-Puits et le second
de Saint-Sauveur-le-Vicomte ». |
«
[...] le seigneur du grand Mary en la partie de La Haye-du-Puits
prend la qualité de patron honoraire et fondateur de l’église
dudit lieu, a le droit de foire le jour de Saint-Cosme, 27 septembre
; la justice s’y exerce par son sénéchal et il a
la moitié des droits de coutume et travers ».
« [...] le seigneur du petit Mary en la partie de
Saint-Sauveur-le-Vicomte a le quart des droits de péage et travers
de la foire de Saint-Cosme ». « [...]
le seigneur engagiste du domaine de Carentan perçoit autant de
droits que le propriétaire du fief du petit Mary
». |
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L'église
de Saint-Côme-du-Mont vers 1900
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Sur
Saint-Côme-du-Mont, le long de l’actuelle « Rue
Mary » et à l’endroit où se
situaient jadis les deux sites féodaux, il existe de nos jours
deux manoirs plus récents. Respectivement le « manoir
du grand Mary » ou « manoir de
Rampan » ainsi dénommé depuis que
les seigneurs de Rampan-Clérel l’habitèrent
vers le XVIIème siècle et le « manoir
du petit Mary » ou « manoir de
Haubourg ». On notera que les deux bâtisses
actuelles sont en partie inscrites au titre des monuments historiques. |
Le
manoir du grand Mary fut reconstruit au lendemain de la guerre de Cent
Ans et l'ensemble des communs date des XVIème et XVII siècles.
Les éléments du manoir du petit Mary inscrits au titre
des monuments historiques sont les façades, les toitures du logis,
l'ensemble des communs, l’escalier en vis avec sa cage d'escalier,
la cheminée de la grande salle du rez-de-chaussée, la
chambre Nord-Ouest à l'étage avec son décor peint,
etc. |
Précisions
sur le fief du grand Mary |
On
notera que si le fief du grand Mary dépendait anciennement du
fief de La Haye-du-Puits, ce dernier relevait du comté de Mortain.
En effet, au début de la seconde moitié du XIème
siècle, le duc Guillaume céda le comté de Mortain
avec plusieurs autres fiefs dans le Cotentin à son demi-frère
Robert. En 1082, ce dernier donna à sa collégiale de Mortain
la dîme de son marché et de ses foires de La Haye-du-Puits
avec la dîme de la laine des bergeries du château. |
En
1204 et suite à la réunion de la Normandie au royaume
de France, le comté de Mortain fut donné par le roi Philippe
Auguste à Renaud de Dammartin,
comte de Dammartin, de Boulogne et d'Aumale. En 1212, Renaud rendit
hommage à Jean sans Terre et participa à la bataille de
Bouvines où il fut capturé. Le roi lui confisqua ses terres,
le fit emprisonner jusqu'à sa mort en 1227 et maria sa fille,
Mathilde de Dammartin à son fils cadet
Philippe Hurepel de Clermont. Celui-ci devint
par conséquent comte de Dammartin, de Boulogne et d'Aumale aux
droits de sa femme (de jure uxoris) et en 1223, son père
l'investit du comté de Mortain. A la mort de son mari en 1234,
Mathilde conserva en domaine une partie des terres du comté dont
il fut fait trois lots. Le roi en prit deux, l’autre resta à
la comtesse, faisant partie du premier lot (prima lotia) choisi
par le roi. Deux exemplaires originaires de ce partage, l’un pour
le Boulonnais, l’autre pour la Normandie existent aux archives
nationales. La terre de « Mary »
que l’on voit figurer aux côtés d’Appeville,
d’Orval, de Geffosse-en-Bessin aussi bien que de Geffosse-en-Cotentin
est orthographiée dans le premier document « Moireium
» et dans le second « Mareium
». |
Le
fief de Mary fut également mentionné dans les différents
aveux rendus au roi par les barons de La Haye-du-Puits en 1348, 1355
et 1398. « [...] et laquelle baronnie s’étend
ès paroisses de La Haye-du-Puits, Montgardon, Angoville, Saint-Germain-sur-E.,
Bretteville, Bolleville, Doville, Mery, Saint-Cosme-du-Mont et Pretot
». |
En
1420, le fief de Mary appartenait à Jean de Lancastre,
duc de Bedford et baron de La Haye-du-Puits. Celui-ci était le
troisième fils d’Henri IV d’Angleterre et de Marie
de Bohun et le frère puîné d’Henri
V d'Angleterre. Après la mort de Jean de Lancastre survenue le
14 septembre 1435, la baronnie et autres dépendances échurent
à son frère, Humphrey de Lancastre,
duc de Gloucester et comte de Pembroke, qui pour un tel héritage
« [...] se submit paier à haulte et puissance
Madame la duchesse de Bedefort, la somme 80 livres tournois de rente
à cause de son douaire tiersain sur icelle baronnie
». |
Un
compte des rentes et revenus de la baronnie de La Haye-du-Puits de 1442
et 1443, fournissait les informations suivantes « [...]
Marin Duval est prevost responsaire pour la prevoté de Saint-Cosme-du-Mont
appelé le fieu de Mary, appartenant à Monsieur le duc
de Glocestre ; que le dit fieu de Mary est baillé à ferme
à Thomas Appulton, pour trois ans, pour la somme annuelle de
42 livres 18 sous 1 denier obole ». « [...]
Thomas Appulton est capitaine des Ponts d’Ouve et Thomas Hardy
advocat en cour laye touche 45 sous de gage par an comme servant Monsieur
en ses causes et procès à Carentan, à Saint-Cosme-du-Mont
au fieu de Mary ». |
Dans
un autre compte de 1443 et 1444, un chapitre fut ainsi rédigé
« [...] recepte à Saint-Cosme-du-Mont à
cause du fieu de Mary. Marin Duval est prevost responsaire de la prevoté
dudit lieu de Saint-Cosme appelé le fieu de Mary, baillé
à ferme à Thomas Appulton avec la foire de Saint-Cosme
et les pesqueries dudit lieu de Mary ». |
En
1450, Jean de Colombières, fils de
Henri de Colombières l’ancien
propriétaire dépossédé, fut réintégré
dans les possessions de son père. Le 19 juillet 1466, François
de Colombières, fils de Jean de Colombières
céda à Jean de la Hézardière
les deux tiers du fief de Mary avec les droitures et appartenances en
solution et paiement de quarante livres de rente et des arrérages
qui lui étaient dus sur la baronnie de La Haye-du-Puits. François
de Colombières garda le dernier tiers dudit fief avec la possibilité
de donner assiette des quarante livres de rente sur d’autres fonds.
L’aliénation ne fut faite que par provision et ne put devenir
définitive que dans un délai de cinq années. Le
contrat de cession fut fait en présence de Thomas
du Bois, seigneur de Pirou. |
L’assiette
n’ayant point été réglée dans les
délais fixés, la famille de la Hézardière
demeura propriétaire des deux tiers du fief de Mary. Nicolas
de la Hézardière, curé de Gonfreville
et noble dame Michelle de Camprond, sa mère,
veuve de Jean de la Hézardière, père dudit Nicolas,
vendirent les deux tiers du fief de Mary à noble homme Louis
du Mesnildot. |
L’acte
de vente daté du 27 juillet 1489 fut ainsi rédigé
« [...] ung fieu noble ou membre de fieu, tenu à
gaige, pleige cour et usage assis en la paroisse de Saint-Cosme-du-Mont
appelé le fieu de Mary, avec toutes ses appartenances droictures
et dignitez tant en juridiction, hommes, hommages, coutumes, rentes
en pains et en deniers, œufs et poulailler, prés pescheries
et toutes autres choses audit fieu appartenant ». |
Le
13 août 1489, Louis du Mesnildot délaissa le fief de Mary
à Richard de la Hézardière,
frère de Nicolas, « [...] lequel n’avait
clamé par sang, prochaineté de liguage et marché
de bourse le contenu au contrat de la vendition susdite
». |
L’année
précédente, le 10 mai 1488, en traitant le mariage d’entre
nobles personnes Gires de la Hézardière,
fils de Richard, et damoiselle Jeanne du Mesnildot,
fille de Jean du Mesnildot, seigneur de Manoville, Louis du Mesnildot
et le seigneur de Manoville, son père, avaient délaissé
« [...] à ladicte Jehenne, cinquante livres
tournois de rente à prendre sur leurs héritages, comme
de franc don de mariage, à condition de eulx pouvoir franchir
de ladite rente toutes les fois qu’il leur plairoit par en payant
six cents livres tournois pour une foys, cette somme est versée
aux mains de Richard de la Hézardière qui pour bailler
à Gires, son fils, et à Jehenne du Mesnildot, sa femme,
tournée et assiette de ladite rente leur délaisse un fieu
ou membre de fieu, noblement tenu, sis à Saint-Cosme-du-Mont
que l’on dénomme le fieu de Mary et qui autre fois fut
au seigneur baron de La Haye-du-Puits ». |
Le
15 septembre 1494, « [...] noble homme Gires de la
Hézardière, seigneur à cause de damoiselle Jehenne
du Mesnildot, son épouse, du fieu de Saint-Cosme aultre foys
dénommé le fieu de Mary, baille par eschange, à
fin d’héritage à noble homme Girard de Varroc, seigneur
de Houesville et de Lyeville et à noble dame Girette de Pirou,
son épouse et à cil d’eux qui le plus vivra, ledit
fieu, terre et seigneurie de Saint-Cosme, aultrefoys dénommé
le fieu de Mary. En contre eschange ledit seigneur de Houesville baille
et quitte audit seigneur de la Hézardière et à
la dame son espouze ung manoir et mesnage assis dedens la ville de Saint-Lo,
lequel manoir a une tour dedans estante jouxte Jehan Roger, escuier,
bute sur les fossés de la ville ». Le 17
septembre 1494, il y eut ratification de cet échange par damoiselle
Jeanne du Mesnildot en présence de son mari Gires de la Hézardière. |
En
1501, dans un aveu rendu par Guillaume la Niepce
pour l’aînesse Robin le Petit,
il y était écrit que « [...] le fieu
de Saint-Cosme, aultrefoys appelé le fieu de Mary, appartient
à nobles personnes maitres Robert Josel et Ravan de Varroc
». En 1507, 1518 et 1527, le fief de Mary se trouvait entre les
mains de Ravan de Varroc, fils de Girard et
seigneur de Montreuil-sur-Vire. |
En
1547, Louise de Varroc et Charlotte
de Varroc étaient les héritières
de feu Ravan de Varroc, leur père, mort en 1540. Louise épousa
Jean de Bechevel, seigneur de la Motte-Blagny
et Charlotte épousa Thomas de Cussy,
seigneur de Vouilly et lui porta le fief de Mary, sur lequel on le trouvait
en 1552 et 1556. En 1569, 1575 et 1587, la terre de Mary appartenait
à Roger de Cussy « [...]
à cause de deffuncte damoiselle Charlotte de Varroc, sa mère
». En 1594 et 1596, Louise de Varroc, fille du défunt Ravan
de Varroc, rendit aveu au baron de La Haye-du-Puits pour le fief de
Mary, tenu par un huitième de fief de chevalier. Le 26 avril
1600, Louise de Varroc, dame de Montreuil et de Mary, vendit à
Jacob de Varroc, seigneur de Liesville et Fermanville, le fief de Mary.
Le 8 octobre 1601, Arthur de Magneville, baron
de La Haye-du-Puits, vendit à Jacob de Varroc, tout ce qui pouvait
lui appartenir au fief de Mary à Saint-Cosme, c'est-à-dire
la tierce portion du fief, laquelle fut réunie aux deux autres
portions que l’acquéreur possédait déjà.
On trouvait Jacob de Varroc propriétaire de Mary en 1604, 1605
et 1606. « [...] les enfants soubs âge de feu
Jacob de Varroc » possédaient le fief de
Mary en 1615, 1617, 1619 et 1623. |
|

L'entrée
du manoir du grand Mary (ou manoir de Rampan) au XXème siècle |
|
Le
20 juin 1634, « [...] vente faite à Jacques
Clérel et Guillaume Clérel, escuiers, sieurs de Rampan
et du Breuil, frères, fils et héritiers de feu André
Clérel, sieur de Rampan par Léonor de Varroc, escuier,
sieur et patron de Houesville et Liesville, conseiller du Roi, maistre
ordinaire en la chambre des comptes de Normandie, du fief, terre et
sieurie de Mary Saint-Cosme en la partie de La Haye-du-Puits et de toutes
et telles rentes dues audit fief dans le district de la paroisse, consistantes
en froment, avoine, pains, poules, chapons, œufs, anguilles, oiseaux
de rivière, chapeaux de roses, moitié du travers et de
la coutume de la foire de Saint-Cosme, geaulge, aulnaye, droit du colombier,
droit de moulin, droit et dignités y attachés ensemble
le prey paisable de la sieurie nommé le prey de la Haye fait
moyennant le prix et somme de huit mille livres pour toutes choses
». |
En
1635, 1637, 1648, 1649, 1650 et 1652, la seigneurie de Mary appartenait
à Jacques et Guillaume Clérel, sieurs de Rampan, du Breuil,
Lignerole et Say. En 1657, la seigneurie de Mary appartenait à
François Clérel, écuyer,
conseiller du Roi au parlement de Rouen. En 1665, à François
Clérel, sieur de Rampan en 1669 et en 1672, à Michel
Clérel, seigneur de Say, Rampan et Saint-Georges.
En 1674, 1676, 1679 et 1680, la seigneurie de Mary appartenait à
François Clérel, sieur de Rampan
et de Saint-Cosme, conseiller au parlement de Rouen, fils et héritier
de Guillaume Clérel. En 1691, 1697, 1707, 1709, 1716, 1720 et
1725 à Jacques-François Clérel,
chevalier, seigneur de Rampan, conseiller au parlement de Normandie. |
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Le
manoir du grand Mary (ou manoir de Rampan) au XXème siècle |
|
Mademoiselle
Françoise-Catherine Clérel de Rampan,
porta le fief de Mary à son mari, Pierre Robert le
Roux d’Esneval, baron Acquigny qui le céda
à Anne Marie Françoise le Roux d’Esneval,
sa fille, qui épousa Armand-Michel de Pommereu,
chevalier, marquis des Riceys, seigneur de la Roulière, président
à mortier au parlement de Rouen en 1771. |
Précisions
sur le fief du petit Mary |
Le fief
du petit Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte resta la propriété
de la famille de Mary pendant près de six siècles, depuis
le début du Xème siècle avec Raoul
I de Mary, premier seigneur de Mary
jusqu’à la fin du XVème siècle avec Robert
II de Mary. |
Le
fief du petit Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte ou fief
de Mary sous Saint-Sauveur-le-Vicomte relevait d’un quart de fief
de la baronnie de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Deux aveux, datés
pour le premier de la seconde partie du XVème siècle et
pour le second du début du XVIème siècle, nous
donnent les informations suivantes. |
«
[...] il était tenu à court et usage et gage
plege avec basse et moyenne justice ; qu’il y avait au fief de
Mary hostel, colombier, chapelle, moulin, pescheries, domaines, prés,
hommes, hommages et plusieurs rentes, services, droitures et autres
franchises, libertés, redevances et dignités, que le propriétaire
d’iceluy fief avait sa part en la foire de Saint-Cosme-du-Mont,
soiante audit lieu, tant en coustumes, congnoissance de mesures que
en autres choses. Et en devoir au seigneur de Saint-Sauveur le quart
du service d’un homme armé d’une cotte jambesie,
d’une coeffe de fer, d’un arc sans corde et de douze saettes
desferrées, le temps de quarante jours en temps de guerre à
la prochaine tour de la première porte du chastel de la dite
ville de Saint-Sauveur ». |
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L'entrée
du manoir du petit Mary (ou manoir de Haubourg) vers 1900 |
|
Le
fief du petit Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte sort des
mains de la famille de Mary à la fin du XVème siècle,
peut être même en 1501 ou 1502. En 1503, Richard
du Mesnildot dont la famille avait déjà
possédé le fief de Mary en la partie de La Haye-du-Puits,
rendit aveu à Arthur de Villequier,
baron de Saint-Sauveur, pour le fief de Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte
tenu par un quart de fief. |
En
1521, Michel Avice était seigneur de
Mary, il demeurait à Carentan et était également
propriétaire de la fiefferme Manecyer de Cousances dont le chef
était situé à Saint-Cosme et qui s’étendait
à Liesville et Houesville. |
De
1551 à 1558, le fief terre et sieurie de Mary appartenaient aux
enfants « [...] soubs age de deffunct noble homme
Gabriel Avice, en son vivant seigneur dudit fief et procureur du Roy
au bailliage du Costentin ». Le 16 mai 1560, le
fief de Mary appartenait à noble homme Michel de
Camprond, sieur de Malassis et de Sottevast, « [...]
à cause de damoiselle Jacqueline Avice, son espouze
». |
Le
1er février 1602, vente fut faite par Pierre de Camprond,
sieur de Malassis, devant le Tabellion des Pieux, à Pierre
du Tertre, sieur d’Ozeville, du fief de Mary, «
[...] sis à Saint-Cosme, tenu de la chastellerie
de Saint-Sauveur-le-Vicomte ». |
Le
7 juin 1602, vente devant le Tabellion de Sainte-Marie-du-Mont, par
noble homme Pierre du Tertre à Léonard Rousselin,
« [...] sieur de Haultbourg, avocat pour le Roy, en
la vicomté de Carentan, du fief noble de Mary, assis en Saint-Cosme
et s’estendant es paroisses de Liesville et Houesville, consistant
en maison, colombier, droit de chapelle et de moulin à eau, de
présent en ruine, plant, prairie, terre labourable, pescherie
à anguilles, rentes en deniers, volailles, œufs, oiseaux,
droit de jurisdiction, cout et usage. Prix de la vente : Dix mille livres
». |
De
1606 à 1630, le fief de Mary appartenait à Léonard
Rousselin. Le 16 août 1630, « [...] un arrest
de la Court » envoie Hervé de
Sainte-Marie et Charles de Gourmont
en possession du fief de Mary, conformément à leur clameur
lignagère. |
Le
3 février 1632, « [...] délaissance
et abandon, moyennant remboursement » par Léonard
Rousselin, à noble homme Jean le Court,
sieur de Fredebise, comme mari de noble dame Catherine de
Sainte-Marie, héritière de Hervé,
son père, « [...] comme plus prochaine lignagère
de la propriété du fief de Mary et de toutes ses dépendances
». |
En
1646, Robert de Gourmont, écuyer et
baron de Gié, seigneur de Fontaine, Adeville et Mary était
le propriétaire du fief de Mary. Robert était le fils
de Charles de Gourmont, qui était devenu seigneur de Mary, par
suite de partages faits entre lui et la dame de Sainte-Marie. |
Vers
la fin du XVIIème siècle, « [...] la
glèbe du fief consistait en une maison où il y avait trois
aistres sans chambre, avec une grange, une estable, avec un coulombier
rebasti, avec une petite maison assise sur le bord de la rivière,
le tout assis sur un entretenant du contient de sept ou huit vergées,
sur lequel un petit jardin potager borné par la rivière,
la rue de Mary et les sieurs de Haubourg, plus par la voie allant au
marais commun du Bauterodé ; le domaine non fieffé consistait
encore en vingt huit vergées de pairies, venues du marais du
Bauterodé ; en vingt vergées de pré nommées
le Bequet et une pièce de terre de quinze vergées nommée
le clos de Mary, et en sept ou huit champs de terre sur plusieurs endroits
: il y avoit le pré seigneurial, une pescherie à anguilles
; le gage plége consistoit en rentes de froment, de poules, pains,
œufs, oiseaux, service de provosté porte verge, et les teneures
de Mary s’estendoient dans les paroisses de Saint-Cosme, Houesville
et Liesville ». |
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L'entrée
du manoir du petit Mary (ou manoir de Haubourg) au XXème siècle |
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En
1771, le quart de fief de Mary relevant du domaine de Saint-sauveur-le-Vicomte
appartenait à messire Jean-François Rouxelin,
écuyer, sieur du Lomboy, conseiller du Roi et maître ordinaire
de la Cour des comptes, aides et finances de Normandie. Il possédait
le quart des droits de péage et travers de la foire de Saint-Cosme. |
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Le
manoir du petit Mary (ou manoir de Haubourg) au XXème siècle |
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Le
fief du petit Mary en la partie de Saint-Sauveur-le-Vicomte passa par
succession à messire Jacques Marie d’Auxais,
écuyer, qui décéda le 6 mars 1780. Il passa ensuite
entre les mains de Louis Ferrand, sieur de
Rouville, époux de noble dame Victoire Blanche Adélaïde
d’Auxais. |
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